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Toros de FranceAEFTC

Histoire

Des troupeaux de Castille aux élevages français de race pure, l’histoire du toro de lidia et de ses encastes.

Des origines lointaines

Les historiens s’accordent sur un ancêtre commun, l’urus de l’Antiquité, mais divergent sur le berceau de chaque race : l’Asie ou l’Afrique pour le taureau de Camargue, la Mésopotamie pour le toro espagnol selon l’hypothèse la plus répandue.

En Espagne, des récits de courses des XVe et XVIe siècles mentionnent des taureaux de race raso portillo, qui paissaient en Castille, près de Valladolid. Les premiers élevages n’étaient donc pas andalous, contrairement à une idée répandue. Les troupeaux se rassemblent au XVIIe siècle, sans véritable sélection, et il faut attendre les années 1750 pour voir les éleveurs y travailler en profondeur. De cette époque datent les races à l’origine de presque toutes les ganaderías actuelles : castellana et de la tierra, jijona, gallardo, navarra, cabrera, espinosa-zapata, vistahermosa, vazqueña, vega-villar.

Le toro du XXIe siècle

Dès leurs débuts, les éleveurs recherchent la bravoure et une morphologie de base, et produisent des animaux de belle allure et de grande puissance, au goût du public. Au XIXe siècle, l’animal était plus mobile et affrontait des chevaux encore dépourvus de caparaçon ; le torero préparait en quelques passes l’estocade. Le public d’aujourd’hui attend au contraire du torero une certaine immobilité.

On n’élève donc plus le toro comme autrefois. Il faut à l’éleveur une sacrée dose de patience, de tempérament et de moyens pour attendre les résultats d’une sélection qui demande trois à cinq ans, sur des terres de plus en plus urbanisées.

Toros de l'élevage La Paluna

En France

  1. Joseph Yonnet introduit au domaine de Faraman des vaches navarraises, puis castillanes et andalouses : leurs croisements alimentent les spectacles dits hispano-français. Ce sang espagnol est le seul à entrer officiellement en France, le syndicat espagnol s’opposant aux exportations. D’autres éleveurs, surtout en Crau, convertissent leurs troupeaux avec des taureaux espagnols non mis à mort ou des reproducteurs portugais : c’est l’époque des « croisés espagnols ».

  2. Christophe Yonnet, père d’Hubert, achète une partie de l’élevage de Conchita Cintrón, d’origine Pinto Barreiros.

  3. Paul Ricard acquiert la part de l’élevage de l’Infante de la Cámara revenue à Emilio, l’un des héritiers.

  4. Après la chute du régime franquiste, l’Espagne assouplit les règles d’exportation : les éleveurs français peuvent enfin acheter vaches et étalons. Le temps des croisés s’achève, et l’on ne parle plus aujourd’hui que de race pure.

À la fin des années 1970, 19 manades sur 52 comptaient des animaux de combat, purs ou croisés, soit environ 2 700 bêtes sur 8 500 (Beauné, 1977).

Toro de l'élevage Yonnet

Encastes et lignées

Un décret espagnol publié au journal officiel du 13 février 2001 fixe la liste des races originelles du toro de combat. Chacune possède des caractéristiques physiques et un comportement qui lui sont propres.

Comme en Espagne, les élevages français descendent aujourd’hui en majorité des encastes Parladé et Domecq, et leurs arbres généalogiques restent encore assez simples à suivre. Les fiches des éleveurs précisent l’origine de chaque ganadería.

Races originelles du toro de combat

  • Cabreratype Miura
  • Gallardotype Pablo Romero
  • Navarra
  • Vazqueñatypes Concha y Sierra, Veragua
  • Vistahermosatypes Murube-Urquijo, Contreras, Saltillo, Santa Coloma, Albaserrada, Urcola
    • Santa Colomalignes Buendía, Graciliano Pérez Tabernero, Coquilla
    • ParladéGamero Cívico, Pedrajas, Conde de la Corte, Atanasio Fernández, Juan Pedro Domecq, Núñez, Torrestrella
    • CroisementsHidalgo-Barquero, Vega-Villar, Villamarta